Paris, Le 3 Novembre 2000
Une équipe de chercheurs de l'INSERM (unité 393) à l'Hôpital Necker–Enfants Malades
à Paris, vient d'identifier le gène responsable d'une maladie neurologique rare, le
Syndrome Triple A, ou syndrome d'Allgrove, qui touche de nombreuses familles nordafricaines.
Le gène responsable de la maladie, localisé sur le chromosome 12,
assurerait la synthèse de la protéine ALADIN, qui appartient à la famille des protéines
de régulation. En découvrant un particularisme génétique chez toutes les familles
étudiées, les chercheurs ont pu très rapidement identifier le gène dont le séquençage
a été lui aussi accéléré grâce à la collaboration du Centre National de Séquençage. Ce
résultat illustre la pertinence du décryptage du génome engagé au niveau
international. Cette découverte, publiée dans Nature Genetics de novembre, pourrait
s'avérer intéressante pour l'identification d'autres maladies génétiques rares. Elle a
reçu le soutien financier de l'AFM.
Une équipe de chercheurs de l'INSERM (unité 393) à l'Hôpital Necker – Enfants Malades à
Paris (Département de génétique), dirigée par M. Stanislas Lyonnet et M. Arnold Munnich,
vient d'identifier le gène responsable d'un syndrome neurologique rare nommé le Syndrome
Triple A, ou syndrome d'Allgrove. Cette maladie se caractérise par une insuffisance des
glandes surrénales (responsables de la production des corticoïdes), une paralysie de
l'oesophage (dite “ achalasie ”, qui empêche le malade de s'alimenter normalement) et une
absence de larme (“ alacrymie ”). Elle s'accompagne généralement de manifestations
neurologiques progressives affectant le nerf périphérique et le système nerveux central.
Cette maladie touche tout particulièrement les populations nord-africaines, notamment
tunisiennes et algériennes.
Le gène responsable de la maladie, localisé sur le chromosome 12, coderait la protéine
ALADIN (pour alacrima-achalasia-adrenal insufficiency neurologic disorder), qui appartient à
la famille des protéines de régulation. Le rôle exact de cette protéine dans le syndrome
Triple A n'est pas encore connu. Mais les chercheurs pensent qu'elle pourrait avoir un rôle
de régulateur sur les récepteurs de l'hormone produite par les glandes surrénales, le cortisol,
et un rôle dégénératif sur le système nerveux.
Pour identifier ce gène, les chercheurs ont étudié plus particulièrement le génome de
familles de malades nord-africaines, grâce à une collaboration avec des équipes médicales
tunisiennes et algériennes. A leur grande surprise, ils ont découvert que toutes possédaient
une séquence génétique commune, très spécifique, localisée sur le chromosome 12. Cent à
cent-dix générations successives auraient ainsi héritées de cette courte séquence génétique,
qui daterait de plus de 2400 années. Cette découverte importante a facilité considérablement
l'identification et le séquençage du gène responsable de la maladie, localisé dans cette zone
“ ancestrale ”.